Sapin

(Abies)

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sapin
rue de l'abreuvoir
juillet 2004
sapin de douglas
rue des sources prolongée
avril 2004
sapin de douglas
rue des sources prolongée
avril 2004
sapin de douglas
rue des sources prolongée
novembre 2004
sapin
parc du bassin de la noisette
novembre 2004

 

Description :

Le genre Abies comprend des arbres qui sont souvent de grandes dimensions. Les jeunes individus présentent généralement un port pyramidal caractéristique et les branches plus ou moins régulièrement verticillées. La face inférieure des aiguilles, qui sont plates, est en général plus claire. Elles restent sur les branches plusieurs années et y laissent, lorsqu'elles tombent, une cicatrice ronde typique. Les fleurs mâles et femelles apparaissent au printemps sur le même individu. 

Les cônes sont dressés et, à maturité, ils se désarticulent pour libérer les graines triangulaires munies d'une aile. Le bois ne possède pas de canaux résinifères, mais ceux-ci sont présents dans les feuilles et dans l'écorce. Celle-ci est lisse et comporte des bulles de résine chez les individus les plus jeunes; elle est profondément crevassée chez les arbres les plus vieux.
Ce genre comprend des arbres sempervirents qui vivent dans les régions tempérées froides de l'hémisphère Nord. Dans les parties les plus septentrionales de cette zone, on peut les trouver au niveau de la mer, alors que dans les secteurs plus au sud ils vivent normalement en altitude.

Le sapin pectiné

Originaire du centre et du sud de l'Europe, cet arbre atteint 60 m de hauteur. Jeune, le sapin pectiné (Abies alba) a une silhouette pyramidale. Sa couleur est d'un vert foncé avec des reflets argentés dus à la couleur de la face inférieure des aiguilles. L'écorce est d'abord lisse et argentée, avec des bulles de résine. Elle devient ensuite plus épaisse et foncée et s'écaille en plaques. Les aiguilles, le plus souvent arrondies à l'extrémité, sont insérées en spirale sur les rameaux, mais, à cause de la torsion des bases, elles se présentent en deux séries opposées dans un même plan. Les feuilles sont d'un vert foncé et brillant à la face supérieure; à la face inférieure, elles sont cireuses et ornées de deux lignes de stomates blanc argenté. Les fleurs sont unisexuées: les mâles, jaunes, sont réunies en chatons courts et ovoïdes dans la partie inférieure des jeunes rameaux; les femelles sont rouge violacé, allongées, solitaires, sessiles et dressées.

Le sapin du Colorado

Le sapin du Colorado (Abies concolor) est un grand arbre, originaire d'Amérique du Nord, qui peut atteindre une hauteur de 20 à 30 m. Il a un port bien proportionné, avec de grosses branches horizontales. La ramure est dense et régulière. Le tronc présente une écorce grise, liégeuse et sillonnée. Les bourgeons sont ronds, grands et résineux. Les aiguilles sont droites, longues de 4 à 6 cm et disposées irrégulièrement. Elles sont d'un bleu cendré sur les deux faces. La face inférieure comporte une nervure saillante. Les cônes sont longs de 10 à 15 cm et larges de 5 cm: ils sont d'abord violacés et ensuite brun rougeâtre. C'est une espèce typique des climats continentaux secs, entre 1 000 et 2 700 m d'altitude. Elle résiste aux intempéries et à la sécheresse et s'adapte bien à l'atmosphère polluée des zones urbaines. Espèce ornementale par son beau feuillage, cet arbre est employé pour agrémenter les parcs et les jardins. Il est également exploité pour la production de bois.

Autres espèces

Le sapin baumier (Abies balsamea), de l'est du Canada, fournit une résine (baume du Canada) qui, du fait de son indice de réfraction proche de celui du verre, sert à monter des préparations microscopiques et, en optique, à coller des lentilles. Divers sapins sont plantés pour l'ornement (Abies pinsapo d'Espagne, cephalonica de Grèce, koreana de Corée). Le sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii = douglasii) est une Pinacée de l'ouest de l'Amérique du Nord, comprenant le douglas vert (variété menziesii), qui atteint 100 m et vit près de la côte, et le douglas bleu (variété glauca), de l'intérieur, qui ne dépasse pas 35 m. Le premier est une essence de reboisement très importante en Europe.

En savoir plus sur le sapin

En savoir plus sur le sapin de douglas

Extraits littéraires :

Les sapins (Anatole France)

On entend l'Océan heurter les promontoires ;
De lunaires clartés blêmissent le ravin
Où l'homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ;
Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires,
Sur les choses sans forme épand l'effroi divin.

Paisibles habitants aux lentes destinées,
Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs,
De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ;
Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées,
Tristes, semblent porter d'iniques pesanteurs.

Ils n'ont point de ramure aux nids hospitalière,
Ils ne sont pas fleuris d'oiseaux et de soleil,
Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ;
Et, peuple enveloppé dans la nuit familière,
Sur la terre autour d'eux pèse un muet sommeil.

La vie, unique bien et part de toute chose,
Divine volupté des êtres, don des fleurs,
Seule source de joie et trésor de douleurs,
Sous leur rigide écorce est cependant enclose
Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.

Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre,
Sous l'assaut coutumier des orageux hivers,
Leurs veines sourdement animent leurs bras verts,
Et suscitent en eux cette gloire de vivre
Dont le charme puissant exalte l'univers.

Pour la fraîcheur du sol d'où leur pied blanc s'élève,
Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds
Font à peine bouger leurs bras épais et lourds,
Et pour l'air, leur pâture, avec la vive sève,
Coulent dans tout leur sein d'insensibles amours.

En souvenir de l'âge où leurs aïeux antiques,
D'un givre séculaire étreints rigidement,
Respiraient les frimas, seuls, sur l'escarpement
Des glaciers où roulaient des îlots granitiques,
L'hiver les réjouit dans l'engourdissement.

Mais quand l'air tiédira leurs ténèbres profondes,
Ils ne sentiront pas leur être ranimé
Multiplier sa vie au doux soleil de mai,
En de divines fleurs d'elles-mêmes fécondes,
Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.

Leurs flancs s'épuiseront à former pour les brises
Ces nuages perdus et de nouveaux encor,
En qui s'envoleront leurs esprits, blond trésor,
Afin qu'en la forêt quelques grappes éprises
Tressaillent sous un grain de la poussière d'or.

Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle
Les conçut au frisson d'un vent mystérieux ;
C'est ainsi qu'à leur tour, pères laborieux,
Ils livrent largement à la brise infidèle
La vie, immortel don des antiques aïeux.

Car l'ancêtre premier dont ils ont reçu l'être
Prit sur la terre avare, en des âges lointains,
Une rude nature et de mornes destins ;
Et les sapins, encor semblables à l'ancêtre,
Éternisent en eux les vieux mondes éteints.

                     Les Poèmes Dorés.   Anatole France